MASSANGA MALI L'Ecole des sables 
 

 

 

MAISON DE LA NAISSANCE - 2011

Une subvention vient d'être accordée à notre association pour permettre la construction de la maison de la naissance.

Nous remercions à ce titre

Les FRERES ESPERANCE

 

 Photo de Janvier 2012

 

Reste les finitions, peintures et éclairage intérieur.

Les toilettes sont en cours.

Nous sommes vraiment satisfaits de pouvoir dire que l'ensemble de ces travaux ont été entièrement pris en charge par les gens du pays pour cette réalisation  ;

Par contre, rien n'aurait été possible sans la présence de notre partenaire principal, Ambara Kodio, qui a su gérer les tensions entre l'entrepreneur, les maçons et les villageois ; Et, régler les conflits, dans le respect du temps nécessaire aux palabres à la satisfaction de tous.

 

 

 

 

PHOTOS DU MOIS DE DECEMBRE 2011

Les travaux ont repris -

 

 

 

Voici les premières photos de la mise en chantier de la "maison de la naissance". Photos prises fin aout 2011.

Depuis mi septembre, il est important de savoir que les travaux sont arrêtés. Diverses raisons expliquent cela.

Il y a 5 quartiers à Idiely Na, et il y avait un accord pour que chacun des quartiers casse son quota de pierres, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. Ensuite le maçon embauché par l'entrepreneur s'est montré un peu pressé ; Les villageois ont mal pris ce commandement, et cela nous semble tout à fait justifié.

Nous sommes en palabre encore aujourd'hui (octobre) Les villageois vont reprendre le travail après la récolte. Cela fait partie de ce que nous devons accepter. Dégué, dégué...

Les villageois se sont engagés à casser les pierres, cela reste important pour l'appropriation du projet, c'est pourquoi nous n'avançons pas d'autres solutions existantes aujourd'hui ; Nous devons comprendre, de notre côté, les enjeux au niveau du village, les différents, les jalousies, et attendre patiemment entre deux récoltes que les palabres reprennent. C'est la marche normal en Afrique, et nous nous devons de la respecter.

 

 

 

 

 

I – Contexte et justifications

 

Les problèmes sanitaires du Mali sont structurellement sévères, liés à la fois au climat et à la pauvreté du pays. L'espérance de vie est de l'ordre de 55 ans.

La mortalité maternelle est également très élevée, avec plus de 6 décès pour 100 naissances (en France le chiffre est 60 fois plus bas). Seulement un accouchement sur 4 est pratiqué dans des conditions sanitaires suffisantes. La demande des accoucheuses traditionnelles faite à « Massanga Mali » en 2009 semblait rendre compte de cet état de fait dans nécessité d’y apporter toute attention.

L'objectif de nombreux pays en développement est de confier la surveillance des grossesses et des accouchements à des sages-femmes. Cette proposition est théoriquement raisonnable, et probablement applicable dans les grandes villes. Mais en brousse, ce n'est encore qu'un vœu pieux dont le commencement de réalisation se fera encore attendre de très nombreuses années.

Le métier d'accoucheuses traditionnelles n'est pas près de disparaître. Les Accoucheuses traditionnelles seront encore bien longtemps en première ligne dans les villages et les femmes continueront d'accoucher avec leur assistance. Les distances entre le village et le centre de santé sont telles qu'il est impensable que les femmes en travail puissent faire le déplacement dans de bonnes conditions de confort et de sécurité sanitaire.

Le rôle des Accoucheuses traditionnelles est clairement reconnu et expliqué dans le PRODESS (Programme de développement sanitaire et social) du Mali. 

 

 

Il s’agit principalement d’impliquer davantage les accoucheuses traditionnelles, en valorisant leurs savoirs et savoir-faire et leur rôle dans les villages, pour briser les barrières de communication entre les femmes en détresse et les CSCOM et permettre ainsi un accès plus équitable et élargi au système de prise en charge des urgences.

Reconnaître le rôle des accoucheuses  dans la prise en charge des accouchements normaux dans des conditions hygiéniques au village et les doter des informations et de matériels nécessaires ;

Ø  Développer un dialogue, celui que nous retenons et nommons « l’Entre-Deux-Culture », celui des palabres, au plus près des représentations culturelles et traditionnelles et dans leur respect ; Mais aussi, celui de l’accueil, de «  la cueille des différences », au sens de ce qui (nous) prépare, toujours plus à l’altérité. Dialogue(s) assurément, celui (ceux) tenant(s) lieu(x) de promesse d’entretiens, de ce que nous avons à (nous) « entre- tenir », tenir « Entre-Nous », dans « l’Entre-deux » de ce que nous sommes avec nos regards et savoirs respectifs. Ces entretiens sont ceux que les accoucheuses traditionnelles et les matrones en situation de rencontre et de transmission de leurs savoirs et acquis d’expérience pour les unes et les autres, toujours avec et dans les médiations suffisantes ont eu et auront encore à avoir dans la perspective d’une « prévention  soin », cadre de toutes préconisations de « bons soins et de bonnes pratiques » en matière de protection maternelle et infantile. Nous tenterons de poursuivre la formation déjà engagée et financée par notre association fin 2009 dans cet esprit de « pédagogie institutionnelle », de « faire-institution », comme nous le proposons, visant à ouvrir un dialogue entre les soignants, la médecine et les maladies, dites  de l’Hôpital  et les référents  conceptuels d’une médecine traditionnelle, qui conserverait une approche, une réflexion et une méthodologie référée à la maladie, dite indigène.

 

Ø  Elaborer et mettre en place des instruments adéquats de suivi, évaluation et de collecte des données d’impact.

 

 

D’où l'importance du rôle des accoucheuses traditionnelles dans la santé des femmes enceintes et de la nécessité de leur apporter quelques connaissances modernes pour augmenter leur efficacité.

 

Ce lien tissé entre les soignants associant la médecine moderne, conventionnelle, d’une part,  et ceux la médecine traditionnelle, d’autre part, devrait aider au dépassement des approches et des représentations respectives dont les bénéficiaires devraient être précisément les personnes en état de demande de soin(s). L’existence des « pouvoirs modernes », via toute politique de décentralisation, devra, somme toute, toujours être intégrée avec ces précautions de fond et de forme qui en fin de compte l’ont été au Mali, où les échanges, dans la perspective des évolutions nécessaires,  n’ont jamais été escamotés. Ces aspects institutionnels, de démocratie élémentaire, que nous pourrions qualifier de « participative », mais tout autant représentative, respectés, via toute gouvernance insuffleront, c’est notre point de vue, toujours mieux, les dynamiques utiles et propices à quelques nouvelles émergences sociales et politiques, dans un état de droit et le respect des doits du citoyen (cf. 4ème forum des droits de l’Homme à Nantes  – 28 juin au 1ER juillet 2010 –  table ronde : « Droits de l’Homme et gouvernements locaux » du 30 juin) qui permettront aux accoucheuses traditionnelles la reconnaissance de leur rôle.

Le fait d’avoir fait venir les 10 accoucheuses à l’hôpital de Bandiagara en décembre 2009, de leur avoir permis d’obtenir une carte de membres des thérapeutes traditionnels est une première étape vers ce dialogue qu’il est nécessaire de faire se poursuivre.

L'intégration des accoucheuses traditionnelles dans le fonctionnement des centres de santé communautaires est une nécessité, quel que soit le lieu de résidence, dans ou hors de l'aire du CSCOM.

 

 

Cette intégration leur permettra de fréquenter le CSCOM et de côtoyer des agents de santé mieux formés qu'elles avec une formation continue.

C’est cette première étape que nous avons réalisée avec une première formation qui a pris place pour l’ensemble des 10 accoucheuses ainsi que le thérapeute conventionnel du village en décembre 2009. Nous avons eu l’occasion d’échanger fin janvier 2010 avec les 10 accoucheuses qui nous ont fait part, par notre médiateur, le Docteur Ogo, de l’aspect positif de cette formation réalisée avec des supports papiers (sous forme de dessins, puisque les accoucheuses ne savent pas lire) d’où leur mobilisation pour que notre association les soutiennent avec la création d’un lieu où elles pourraient réaliser des accouchements dans de meilleures conditions et faire ainsi évoluer les pratiques actuelles.

 

II – Mieux comprendre la formation et le rôle de chacune

 

*      Les matrones savent lire et écrire ; Elles ont obtenu le DEF (Diplôme d’étude fondamentale) avec 6 mois de formation par un médecin à l’accouchement propre. Elles travaillent ensuite en CSCOM ou à l’hôpital et sont rémunérées par la commune.

 

*      L’infirmière spécialisée obstétricienne a fait l’école d’infirmière durant deux ans. En 1er cycle : accouchements – consultation épisiotomie – elle aide la sage-femme.

 

*      La sage femme a fait des études universitaires – Bac + 4 (Diplôme d’état). Consultation – Accouchements difficiles.

o    80% des sages-femmes exercent à Bamako.

 

 

*      Les accoucheuses traditionnelles – Comment le devenir ?

o   Cela dépend des pratiques, des villages, de la maturité, de l’expérience.

o   les jeunes apprennent auprès des plus anciennes.

o   Elles sont remplacées seulement après leur mort.

o   Cela n’est pas forcément à son enfant que l’on transmet.

o   Un apprentissage peut commencer à 40 ans.

Il y a une période d’observation et un regard triangulaire de la communauté, car le savoir peut servir, mais il peut aussi nuire.  

 

 

III -  Problématique

 

En janvier 2009, Le Docteur OGO présent pour la mise en place de la pharmacie scolaire s’est fait le porte voix des dix accoucheuses exerçant au sein des cinq quartiers d’Idiely Na qui n’avaient pas de matériels, ni le moindre désinfectant pour travailler dans des conditions minimum d’hygiène. Les besoins ont été répertoriés ; Nous avons alors acheté à la Pharmacie de Bandiagara le matériel de base nécessaire pour réaliser des accouchements dans de meilleures conditions d’asepsie.

Les femmes nous ont alors fait part, de la difficulté de réaliser des accouchements dans de bonnes conditions, notamment de pouvoir disposer d’un local réservé à ces accouchements, préféré aux accouchements à la maison.

 

 

 

IV - Description du projet

 

L’association des villageois et les matrones ont alors eu l’idée de la construction d’une « maison de la naissance ». Les murs seraient construits par un entrepreneur de Bandiagara avec l’aide des villageois. (Présentation de l’entrepreneur et devis joint). L’association prendrait en charge son financement.

Ce projet s’est d’abord inscrit dans une première démarche qui a consisté à la formation des accoucheuses réalisée en décembre 2009.

Aujourd’hui, tout est réuni pour entreprendre cette construction. Il s’agit de construire un local disposant de trois pièces (plan joint) : une salle d’accouchement, une salle de repos, un bureau et des toilettes. La construction envisagée sera en pierre et en béton pour des raisons d’hygiène et la terre ne résiste pas à la période des pluies, d’où l’obligation de refaire le crépis tous les ans.

 

 

V - Impact du projet

 

 

*      Permettre aux femmes d’accoucher dans de meilleures conditions et réduire ainsi le taux de mortalité des femmes et des nouveaux nés.

 

 

*      Permettre aux enfants naissant d’avoir un état civil. Un lieu référencé permettra de répertorier les naissances, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.

 

 

 

*      Si un accouchement est difficile, il serait plus facile qu’un médecin du CSCOM de Dourou se déplace, car il aurait un local pour intervenir. Nous avions rencontré en janvier dernier le responsable du CSCOM de Dourou.

 

 

*      Ce local serait également  le lieu de regroupement pour des formations.

*      Les Accoucheuses traditionnelles formées doivent ainsi devenir des femmes ressources ayant un rôle d'information sanitaire. Elles joueront alors un rôle de relais villageois, concentré sur le dépistage et la prévention, les soins très simples et très propres.

 

*      Permettre aux villageois de recevoir de la part de l’entrepreneur une formation aux nouvelles techniques de la taille de la pierre et apprendre à faire du ciment.

 

VI -Les éléments de faisabilité

 

 

*      En 2009, Le Docteur OGO a obtenu l’accord de l’hôpital de Bandiagara et du CSCOM de DOUROU pour la mise en place de ce projet.

 

 

*      De notre côté, lors de notre séjour fin janvier 2010, nous avons également rencontré les autorités suivantes, pour confirmation :

 

ü  L’association des villageois, qui a défini le choix du terrain où serait construite la maison de la naissance et à l’autorité pour décider de la construction d’un bâtiment.

ü  Les 10 accoucheuses traditionnelles du village d’Idiely Na

ü  Pierre – Thérapeute du village d’Idiely Na également formé

ü  Le CSCOM de Dourou – médecin Salé Madi Keita

ü  ASACO – Association de santé communautaire

ü  Le CSR – Centre de santé de référence – médecin chef Mr Boubakar Kougaté

ü  Philippe – Représentant des thérapeutes traditionnels à Nombori

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Coût du projet : 6 200 € (devis joint et plan de la maison de la naissance)